Darline Gilles Primée au Canada pour « Houminvi »

Le film « Houminvi », réalisation de la dramaturge, poétesse, journaliste, comédienne et activiste Darline Gilles, a reçu en avril dernier au Canada le Prix Agir pour l’égalité lors du 38e Festival International de Cinéma Vues d’Afrique. Le prix lui a été remis par le CECI, Centre d’étude et de coopération internationale.

Tourné au Bénin et réalisé en France, Houminvi adresse les problèmes de migration et d’esclavage, «deux thèmes qui depuis des siècles se tiennent par une danse éternelle », selon Darline Gilles (Manzè Da) qui a co-réalisé ce film avec la Béninoise Giovannia Atodjinou-Zinsou. 

 « Houminvi » signifie fille des mers (ou de la mer) en langue Fon, est le nom d’une jeune fille incarnée à l’écran par Gilles) qui, malgré tous les arguments de sa mère pour la dissuader, tient et décide de se rendre en Europe pour réaliser son rêve, lit-on dans le synopsis. Elle sera confrontée à de sombres obstacles en chemin. Mais sauvée par l’océan, elle sera miraculeusement ramenée chez elle.

Tourné dans trois villes béninoises (Ouidah, Allada, Cotonou), ce court-métrage est sorti au début de cette année en France. Houminvi vient de participer avec succès à la 38e édition du festival Vues d’Afrique qui s’est tenu du 26 mars au 10 avril 2022 au Québec. Une première sélection par un prestigieux festival international.

Cette année, parmi la centaine de films présentés dans le cadre du Festival, une quinzaine d’œuvres ont figuré dans la catégorie Agir pour l’égalité, dont 13 ont été soumises à un jury de sélection. De nombreux pays étaient représentés dans cette catégorie, notamment le Cameroun, le Mali, le Bénin, Haïti, le Sénégal, le Canada, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Maroc, le Burkina Faso, le Togo, l’Algérie, la Tunisie, la Namibie, Madagascar et le Niger. Finalement, c’est la réalisation haïtiano-béninoise qui a remporté la palme.  

« Cette œuvre témoigne de façon réaliste et poignante des conditions d’inégalités et de pauvreté des femmes en Afrique à travers le vécu d’une jeune fille qui tente tant bien que mal de quitter l’Afrique pour un monde jugé meilleur » Mme Aimée You, volontaire du CECI et membre du jury.

Houminvi, fait savoir Darline Gilles, « parle d’une réalité bien présente, bien pesante dans nos vies, une réalité qui a existé des générations durant, que différents peuples portent, trainent entre rêves, fantasmes et désespoir ! »

Darlines Gilles dans le role d’Houminvi

Une première projection du film a été réalisée dans le cadre du festival DIRE, à la citadelle d’Oléron, en France. « Après il continuera à faire son chemin », espère Gilles qui vit en France depuis deux ans.

En novembre 2019, la dramaturge a été invitée au Bénin pour un festival (Rencontres Internationales des Arts de l’Oralité, RIAO). Elle voulait profiter de ce voyage pour faire une résidence de recherches sur l’esclavage, un sujet qui l’intéresse beaucoup. « Grâce à une bourse de la FOKAL, j’ai pu rester 3 mois là-bas. Et plus j’avançais dans mes recherches, plus je ressentais l’envie de créer quelque chose sur la migration qui revenait assez souvent dans ma documentation », indique la fondatrice du journal féministe Plublicad’Elles au sujet de l’origine de son tout premier film.

 « Par la suite, continue-t-elle, j’ai rencontré la jeune réalisatrice Giovannia Atodjinou-Zinsou, qui a accepté de travailler sur le projet avec moi. Très rapidement nous avons constitué une équipe, rassemblé du matériel, avec un scénario écrit avec beaucoup d’émotions, nous avons commencé le tournage de Houminvi ».

De Bénin, Darline Gilles (Manzè Da) est retournée en Haïti, puis elle s’est rendue en France pour participer au festival de conte DIRE en mars 2020. Arrivée dans l’Hexagone, elle a dû faire face à la pandémie du coronavirus. Ne pouvant pas rentrer chez elle, elle s’est livrée corps et âme à la création. En dépit de la crise, Darline n’a pas cessé de créer, d’écrire des poèmes, des pièces de théâtre, des scénarios. L’écriture était devenue sa planche de salut. Les choses ont été difficiles à cause de la crise sanitaire mondiale; cependant Gilles confie voir une éclaircie dans son ciel aujourd’hui.

Lorsque les choses se sont assouplies en France, Manzè Da a repris son projet de film qui entre-temps dormait dans les tiroirs. Le film a été tournée entièrement et monté au Benin, mais la post-production a été faite en France. Gilles précise avoir reçu le soutien de Télé Millevaches (une télévision associative couvrant le territoire du plateau de Millevaches, dans la région Nouvelle-Aquitaine, en France) qui l’a aidée avec la postproduction du film en décembre dernier. Elle se dit très reconnaissante de l’accompagnement généreux du cinéaste Guilhaume Trille à cette étape du film.

L’année 2022 a plutôt bien commencé pour Darline Gilles avec la sélection d’Houminvi à Vues d’Afrique et le Prix Agir pour l’égalité qui vient couronner ses efforts. De plus, elle a une nouvelle création intitulée « Le journal d’une garce ». Il s’agit d’une pièce de théâtre qui a été présentée pour la première fois en mars dernier au festival DIRE. « J’espère que cette création fera son chemin aussi, et je continue à écrire ».

« J’aime tout ce qui me permet de jouer, de voyager, de vivre d’autres vies. Le théâtre, le cinéma, l’écriture font tout ça », termine la créatrice.

Jonel Juste, Miami

Cet article est aussi disponible dans les colonnes du journal Le National et les sites RezoNodwes et HPN

Author: jjuste02

Journalist, Communication Specialist, Social Media Marketer, blogger, writer, etc.

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