Trois fois passé là

3 fois passe la

“Trois fois passé là” est le premier recueil de nouvelles publié par Jonel Juste sur Amazon. Il s’agit d’un ensemble d’histoires courtes dont l’auteur a préféré la concision parce que, comme on le sait, les blagues les plus courtes sont les meilleures. Voici un extrait.

Le bruit courait incessamment que sa femme le trompait. La rumeur s’enflait, gonflait, montait tel un Montgolfier. Homme important de la cité, sa vie privée était le principal sujet de conversation sur les réseaux sociaux. Tous les détails le concernant, tous les potins faisaient les délices des «épaves» et de «à rien à faire» du monde entier. Ce qui est normal, pensait-il, car ce sont les arbres fruitiers qui subissent l’assaut des pierres.

Le bruit courait donc que sa femme le trompait. Paradoxalement, cela blessait son orgueil et le flattait tout à la fois. Car, premièrement, il ne croyait pas Gisèle assez ingrate pour violer ainsi sa confiance. Il ne la croyait pas parfaite, bien sûr – mais il croyait tout de même acquise la fidélité de celle-ci. Pourquoi ? Parce qu’il l’avait pour ainsi dire rachetée, l’ayant tiré de son bourbier de quartier populaire pour l’installer dans les hauteurs de Montagnes Noires. Il s’enorgueillissait d’avoir été celui qui a su cueillir cette fleur sur le fumier pour le présenter au monde. Il était d’autant plus fier que ses amis le jalousaient d’avoir «déniché cette perle.»

***

La maison était apparemment calme. Il n’était que neuf heures du matin. Connaissant cette maison comme le fond de sa poche, ses moindres coins et recoins, l’homme pouvait s’y glisser et apparaître au moment où l’on s’y attendait le moins. C’est ainsi que passant par arrière-cour et halliers, par les toilettes et la cuisine, évitant bonne et garçon de cours, il atterrit pile devant la porte de la chambre de sa femme. Il progressa à pas feutrés et collant ses oreilles contre la porte, il lui parvint un concert de voix diffus, de soupirs étranges. Une voix aiguë répondant à une autre plus ou moins grave. Un alto allait crescendo, un soprano l’entrecoupait. Une symphonie épicée de « c’est bon», de «oui» et de «continue». L’homme plongea la main dans sa poche et pressura son flingue, prêt à dégainer. Mais il attendait quelque chose ; un nom, une voix virile, reconnaissable. Afin de découvrir enfin le traître lui poignardant dans le dos.

Lisez la suite sur Amazon

Author: jjuste02

Journalist, Communication Specialist, Social Media Marketer, blogger, writer, etc.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s