Guy Philippe Comparait devant la Justice Américaine

15940380_10212024164178971_2822468408307077103_nAprès son extradition d’Haïti vers les Etats-Unis dans la soirée du jeudi 5 janvier, le sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe, a comparu devant une cour fédérale américaine dans la journée du vendredi. L’ex-militaire est apparu menotté devant un juge dans un tribunal à Miami.
L’acte d’accusation contre Guy Philippe, 48 ans, a été rendu public vendredi matin dans le district sud de la Floride, selon une note de presse du Département américain de la Justice. Le prévenu est accusé de “conspiration internationale impliquant le trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent”.
Philippe, poursuit la note, a été inculpé en 2005 de plusieurs chefs d’accusation dont ceux d’implication dans l’importation de stupéfiants, de blanchiment d’argent et un nombre important de transactions monétaires découlant d’activités illégales.
Selon l’acte d’accusation, de 1997 à 2001, Guy Philippe était impliqué avec d’autres personnes dans l’importation de cocaïne aux États-Unis. De 1999 à avril 2003, l’accusé aurait également été impliqué dans le blanchiment d’argent afin de dissimuler sa participation à des activités criminelles, y compris le trafic de stupéfiants. L’acte d’accusation allègue qu’en 2000, l’ancien militaire a transféré un chèque de $112 000 par le biais d’une institution financière— un montant provenant du trafic de drogues illicites — affectant ainsi le commerce interétatique et étranger.
Un acte d’accusation, termine la note du Département américain de la Justice, n’est qu’une allégation et l’accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie au-delà de tout doute raisonnable par devant un tribunal.
Vendredi après-midi, après une première audition du prévenu, le juge américain juge Barry L. Garber du district sud de la Floride a ordonné la détention de M. Philippe sans possibilité de libération sous caution. L’avocat de Guy Philippe avait, selon nos sources, demandé que l’accusé soit renvoyé en Haïti pour aller prendre ses documents qu’il n’avait eu le temps d’emporter avec lui. Le juge a refusé net.
L’audience de mise en accusation de Guy Philippe est prévue pour le 13 janvier prochain. En cette occasion, l’acte d’inculpation sera lu et l’accusé pourra décider s’il plaidera innocent ou coupable.
Comment Guy Philippe a été arrêté ?
L’arrestation de Guy Philippe et son extradition vers les Etats-Unis a été vécu presque en direct sur les réseaux sociaux. Les photos et vidéos de cette saga médiatico-politico-judiciaire étaient devenues “virales” sur Internet. Mais comment avait été appréhendé l’un fugitifs les plus recherchés par les autorités américaines et qui échappait toujours à ces dernières? Selon le Miami Herald, Guy Philippe se serait lui-même trahi lorsqu’il était allé chercher son certificat de sénateur au Conseil électoral provisoire.
“Le sort de Guy Philippe était scellé lorsque ce personnage aux allures de Ninja avait oublié la première règle de la formation militaire: toujours faire attention à son environnement”, écrit le quotidien floridien. “Alors qu’il se présentait au bureau du Conseil électoral provisoire jeudi pour recueillir son certificat sénatorial, Philippe ne s’était pas rendu compte qu’un gentleman en costume-cravate et portant un attaché-case n’était pas un nouvel élu, mais un policier haïtien en civil qui prêtait une attention particulière à sa conversation, y compris son désir d’effectuer une visite impromptue à la populaire station de radio Scoop FM”, indique le journal.
Le reste de l’histoire est connu. Après avoir obtenu son certificat, Guy Philippe s’était effectivement rendu à Scoop FM où il avait été appréhendé par des agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS). Après sa victoire électorale dans la Grand’Anse, Guy Philippe était devenu très confiant et se promenait entouré d’hommes armés dans la capitale haïtienne. Il s’était notamment rendu dans une boutique chic de Pétion-ville et à l’hôtel Best Western. Rappelons que cet ancien militaire avait notamment conduit une rébellion armée en 2004 qui avait conduit au renversement du président Jean-Bertrand Aristide.
Convocation du ministre de la Justice
Le lendemain de l’arrestation et l’extradition de Guy Philippe, le Sénat haïtien a convoqué le ministre de la Justice, Camille Edouard Jr. Celui-ci était invité dans une lettre à prendre part à une “urgente séance de travail” vendredi à la salle des Commissions du Sénat, accompagné du directeur général de la Police nationale d’Haïti et du directeur central de la Police Judiciaire. “Cette rencontre se fera en vue de vous expliquer sur les circonstances, la légalité et la déportation présumée du Sénateur de la Grand’Anse [sic]”, lit-on dans la lettre. Cependant, le ministre de la Justice a répondu dans une correspondance qu’il se trouvait “dans l’impossibilité de répondre à cette invitation en raison d’un conflit d’agenda”. Le ministre a demandé aux sénateurs “de bien vouloir reporter cette importante et urgente séance de travail” tout en leur promettant qu’un “rapport circonstancié [leur] sera acheminé à partir des premiers briefings reçus des services compétents”.

Jonel Juste

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Author: jjuste02

Journalist, Communication Specialist, Social Media Marketer, blogger, writer, etc.

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